La famille de Gao Zhisheng fuit la Chine et arrive aux États-Unis
17/3/2009
Écrit par Antoine Latour, La Grande Époque - Montréal
16-03-2009

L'épouse et les deux enfants de l'avocat Gao Zhisheng ont réussi à fuir
la Chine et à se rendre aux États-Unis. (Radio Free Asia)
La famille de l'avocat chinois Gao Zhisheng, célèbre dissident
sélectionné pour le prix Nobel de la paix, est arrivée aux États-Unis
la semaine dernière. Son épouse, Geng He, et ses deux enfants âgés de
cinq et quinze ans, ont réussi à fuir la Chine dans un scénario digne
d'un film. Ils tenteront maintenant de panser les plaies causées par la
vie sous la dictature.
Peu de détails du périple ont été ébruités par Geng He qui a été
interviewée par quelques médias occidentaux. On sait que le 9 janvier,
elle et ses enfants ont quitté Pékin et entrepris un long voyage de
plus de 3000 kilomètres qui les a menés en Thaïlande. Ce pays ne
partageant pas de frontière avec la Chine, ils ont probablement dû
traverser des pays très répressifs, tels que la Birmanie, le Laos ou
même le Vietnam.
«Nous avons grimpé des montagnes et traversé des rivières jour et
nuit, sans arrêt», a-t-elle confié au quotidien britannique Telegraph.
«Il y a des fois où nous devions être assis sur une motocyclette durant
des heures – c'était vraiment dur pour les enfants. Ils chutaient des
motos et tombaient dans l'eau et la boue.»
«Nous avons été forcés de fuir la Chine en raison de l'oppression et
des attaques du Parti communiste chinois», a-t-elle expliqué au
Telegraph.
«Je ne pouvais permettre que ça continue. Je devais m'échapper de la Chine pour la sécurité de mes enfants.»
Geng He raconte que la pression était telle sur ses enfants que sa fille de quinze ans était devenue suicidaire.
Au moment du départ, Geng He explique que la famille était sous
haute surveillance et qu'il aurait été impossible pour Gao de se
débarrasser des agents du régime sur son cas. C'est ainsi qu'elle a
pris les enfants et a quitté le domicile sans aviser son mari, lui
laissant simplement une note expliquant ses intentions. Geng He estime
que si elle avait parlé du plan à son mari, ce dernier ne les aurait
jamais laissé partir.
Le 16 janvier, la famille de Gao est arrivée en Thaïlande où elle a
d'abord obtenu le statut de réfugié et ensuite l'asile aux États-Unis.
L'évasion a été rendue possible grâce à l'appui de nombreux
individus ayant «pris le relais» d'un endroit à l'autre, risquant leur
vie pour protéger la famille en fuite et assurer son bon déplacement.
Geng He fait mention de pratiquants de Falun Gong et de chrétiens
chinois qui les ont aidés.
«Je veux remercier plusieurs amis de m'avoir aidée à arriver ici en
sûreté. Je veux remercier les gens de différentes communautés qui se
sont occupés de nous. Cette opération de secours a été particulièrement
difficile parce que nous étions surveillés par le régime chinois depuis
longtemps», a raconté Geng He à Radio Free Asia.
«Les amis qui nous ont aidés à nous enfuir ont énormément contribué,
et certains ont même risqué leur vie. Je veux particulièrement
remercier un pratiquant de Falun Gong au Canada, son épouse qui
travaille dans un média et dont le nom de famille est Zhang, et le
président de la China Aid Association, M. Bob Fu. Il y a aussi un jeune
pratiquant de Falun Gong en Chine. Il a entendu dire que Gege [la fille
de Gao et Geng He] ne pouvait aller à l'école, alors il a décroché et
est venu à notre secours. Je suis vraiment triste qu'il ait dû quitter
l'école alors qu'il pouvait encore y aller, mais il a été là pour nous
dans le processus de secours.»
«Cette famille a besoin d'une vie stable. Nous sommes très contents
de l'aide offerte par le gouvernement américain», a déclaré Sherry
Zhang, de l'organisation Friends of Gao Zhisheng.
Gao Zhisheng est l’un des avocats les plus réputés en Chine. Il est
devenu une sérieuse épine dans le pied du régime communiste, car il a
eu le courage de défendre les militants des droits de l'homme, les
chrétiens de l'Église clandestine, les gens victimes d'évictions
forcées et les pratiquants de Falun Gong.
Ses lettres ouvertes adressées aux dirigeants du Parti communiste et
publiées à l'étranger, dénonçant les violations des droits de la
personne en Chine, ont fait de Gao une des cibles principales du régime.
Le 4 février dernier, quelques jours après avoir publié une lettre
détaillant les tortures qu’il a subies en détention en 2007, Gao
Zhisheng a été enlevé et il est présentement porté disparu.
Tags : Chine
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